Placer sa trésorerie dans un contexte de taux bas : un défi pour les PME – ETI ?

7 mars 2018 - 15 minutes read

Dix longues années après le début de la crise financière, la politique accommodante de la Banque Centrale Européenne (BCE) commence à porter ses fruits : les principaux indicateurs de la Zone Euro sont au vert, les carnets de commandes des entreprises sont en hausse et la confiance en l’avenir n’a jamais été aussi forte.

Toutefois, cette embellie économique porte son lot d’effets secondaires qui impactent les stratégies de gestion de la trésorerie des entreprises : on observe une baisse généralisée des rendements et un asséchement des marchés monétaires et obligataires en Zone Euro. La partie courte de la courbe des taux est la plus affectée par ce phénomène, conséquence de la volonté des entreprises et des États de profiter pleinement du contexte de taux bas historique en empruntant à plus long terme. Entre 2011 – date de la mise en place des premiers TLTRO[1] – et 2018, la maturité moyenne des emprunts obligataires est passée de 4,6 à 5,7 ans.

La conjugaison de ces effets a conduit à une situation inédite : dans leur grande majorité, les fonds monétaires de la place affichent désormais des rendements négatifs sur 1 an.

Les banques commerciales ne sont pas en reste : globalement, elles ne peuvent plus garantir des rendements positifs sur leurs produits traditionnels (Comptes à terme et Comptes Rémunérés) et reviennent même sur la rémunération à 0% des comptes courants.

Toutefois, les entreprises françaises ne font pas face aux mêmes défis. Si la plupart des entreprises cotées en bourse se cantonnent aux seuls fonds monétaires / Cash Equivalent et aux produits bancaires, certaines entreprises non cotées – et notamment les entreprises familiales – arbitrent une partie de leur trésorerie sur d’autres classes d’actifs d’investissement pour faire face à cet environnement de rendements historiquement bas qui s’installe dans la durée. Nous avons identifié pour nos clients 4 principales opportunités d’investissement alternatives qui permettent aux PME et ETI françaises que nous accompagnons d’optimiser l’allocation de leur portefeuille sur le court, le moyen et le long terme. En parallèle, de nouveaux produits de placement innovants apparaissent sur le marché, notamment liés à l’essor de certaines fintechs.

1- Les fonds Obligataires Court Terme prennent le pas sur les fonds monétaires

Longtemps considérés comme trop proches des fonds monétaires, les fonds obligataires court terme ont souvent pâtis d’un déficit d’intérêt de la part des investisseurs. Aujourd’hui, le contexte de rendements négatifs sur les fonds monétaires a permis de mettre en lumière la pertinence de ces stratégies au sein d’un portefeuille de trésorerie d’entreprise.

Bien que les contraintes d’investissement des fonds obligataires court terme soient proches de celles des fonds monétaires, le peu de flexibilité supplémentaire dont ils bénéficient permet encore aux (bons) gérants de dégager une performance positive et pérenne dans l’environnement actuel. Toutefois, la pluralité des stratégies sous-jacentes des fonds de la place peut être difficilement appréhendable pour les directions financières.

En tant qu’expert de la classe d’actifs, Cedrus Partners accompagne ses partenaires dans la sélection de supports qui s’inscrivent pleinement dans les statuts de l’entreprise tout en respectant sa philosophie d’investissement. Notre approche pédagogique, au cœur de nos relations, permet ainsi à nos clients d’appréhender les stratégies inhérentes à chaque support dans leur globalité : règles d’investissement, historiques de performance, stratégie suivie par la gestion, capacité à réagir en cas de retournement des marchés, etc. Cet accompagnement dédié incite les entreprises à opérer un choix éclairé, dont les différents moteurs de performance et les zones de vigilance sont définis et bien calibrées.

Les taux courts, conditionnés à l’évolution de la politique monétaire de la BCE, devraient se maintenir à des niveaux négatifs dans un futur proche. Dans ce contexte, les supports monétaires continueront d’être négativement impactées par des niveaux de rendement en berne. Dans cet environnement, la pertinence des stratégies obligataires court terme devrait donc continuer à trouver de l’écho auprès des trésoreries d’entreprises.

Avec déjà plus de trois milliards d’euros conseillés sur ce type de supports, nous restons convaincus que cette classe d’actifs représente une opportunité pour les directions financières ayant à cœur de préserver leur capital à court terme tout en offrant un potentiel d’appréciation.

2- Les fonds diversifiés flexibles : une alternative pour investir dans la durée

Au cours des dernières années, de plus en plus de PME et ETI françaises étaient à la recherche de solutions de trésorerie de moyen / long terme, calibrées en risque et visant à réaliser une performance positive indépendamment du contexte de marché.

Les fonds diversifiés flexibles peuvent, suivant le profil de risque souhaité par l’entreprise, répondre à cette problématique grâce à la mise en place de stratégies privilégiant les actions comme moteurs de performance lors des périodes de marchés haussiers, et les obligations lors des périodes de turbulences.

Cependant, de nombreux indicateurs semblent désormais indiquer que nous nous rapprochons progressivement de la fin d’un cycle : les actions et les obligations affichent simultanément des niveaux de valorisation historiquement élevés et la volatilité semble orientée à la hausse.

Dans ce contexte, la capacité des gérants à décoder les tendances et à anticiper une dégradation des fondamentaux est plus que jamais primordiale pour naviguer dans les conditions de marché actuelles.

Les entreprises françaises peuvent avoir de l’intérêt à bénéficier d’un accompagnement dédié dans la sélection d’un fonds performant et capable d’offrir une protection en période de stress. Une analyse des biais de construction des portefeuilles et la qualité des indicateurs permettant de piloter l’allocation sont les deux leviers déterminants dans la sélection du support le plus adapté.

Appuyé par notre pôle Recherche, nous accompagnons nos partenaires tout au long du processus de sélection en établissant un cahier des charges sur mesure visant à maximiser le potentiel de capture de performance et de préservation du capital.

3- La mise en place de fonds de trésorerie dédiés : une solution unique et entièrement sur mesure

Autrefois considérés comme trop onéreux à mettre en place, les fonds dédiés ont globalement profité de la baisse généralisée des frais de gestion et sont aujourd’hui accessibles pour des montants significativement inférieurs à ce que l’on pouvait observer il y a quelques années (dès 15 millions d’euros environ).

Les fonds dédiés permettent notamment aux entreprises disposant d’encours de trésorerie significatifs de ne pas s’inquiéter des contraintes de ratio d’emprise qu’elles peuvent rencontrer sur les fonds ouverts. Ils permettent aussi de prendre en compte des critères extra financiers, aujourd’hui peu présents sur les stratégies de court terme (label ISR, investissements solidaires, etc.), ce qui favorise la valorisation des pratiques ESG de l’entreprise.

Le paramétrage initial de la stratégie qui sera suivie par le fonds dédié est primordial afin d’éviter les déconvenues dans le temps. L’entreprise doit en effet envisager ses placements de trésorerie de manière globale pour tirer pleinement profit de ce type de solution.

A ce titre, Cedrus Partners accompagne ses partenaires dans l’intégralité du processus de mise en place et de suivi. Nous définissons les objectifs visés avec nos clients et participons à la sélection du gérant le plus à même de porter la stratégie définie. Enfin, nous menons ensemble l’implémentation et organisons le suivi au jour le jour du support dédié.

La mise en place de ce type de fonds conduit à la réalisation d’un double objectif pour les entreprises : disposer d’un seul OPCVM pour placer leur trésorerie et conserver la main sur la stratégie suivie par le fonds.

4- Les produits structurés : une réponse à des besoins très spécifiques

Souvent considérés comme trop complexes par les investisseurs, les produits structurés ont longtemps été absents des portefeuilles de trésorerie des entreprises. Néanmoins, face à la baisse des rendements et à la pénurie de produits bancaires traditionnels, l’introduction de cette typologie de supports peut s’avérer pertinente.

L’intérêt majeur des produits structurés réside dans la construction d’un support sur-mesure et unique susceptible de répondre à des contraintes d’investissement très spécifiques : capital garanti ou protégé, exposition aux actions ou aux taux, choix de la durée de vie du produit, etc. Tous ces paramètres établis en amont vont permettre de calibrer le niveau de risque et de rendement de la solution créée pour répondre aux besoins définis par les directions financières.

Il convient donc de disposer d’une connaissance précise des pratiques de marché sur ce type de support. Les produits structurés peuvent en effet devenir difficile à appréhender par manque de transparence ou par l’intermédiaire de mécanismes complexes.

C’est pourquoi nous intervenons dès le début de la réflexion afin d’accompagner nos partenaires dans l’élaboration d’un produit intelligible et optimal à même de répondre entièrement aux objectifs poursuivis.

L’accompagnement par un conseil permet en effet d’éviter les déconvenues. Nous accompagnons nos partenaires dans le choix de contreparties de premier plan avec lesquelles nous travaillons en confiance depuis des années. De plus, une appréhension globale des objectifs s’avère indispensable afin d’optimiser le rôle du produit structuré dans l’allocation du portefeuille de trésorerie.

Au cours des dernières années, nous avons intermédié avec succès plusieurs millions d’euros pour le compte de nos clients, ce qui leur a permis de maintenir leur niveau de produits financiers cible tout en conservant une bonne maitrise du risque.

Placer sa trésorerie dans un contexte de taux bas : nos conseils aux PME et ETI

Les directions financières des PME et ETI françaises font face à des difficultés accrues pour valoriser, voire préserver, leurs encours de trésorerie. Mener une réflexion de long terme s’avère donc être un prérequis indispensable dont l’objectif est de maximiser la structure de chaque poche et la prise en compte des cycles de cash. Elles doivent aussi garder à l’esprit que les 3 étapes clés d’une trésorerie optimisée durablement sont l’identification des différents flux, la sélection des supports les plus adaptés aux objectifs poursuivis et l’implémentation de ces stratégies de manière cohérente.

Eliott Vincent-Kharoubi, Consultant Senior, Pôle Entreprises

 

[1] TLTRO : Target Longer-Term Refinancing Operations – Instrument de la BCE permettant d’octroyer des prêts à long terme aux banques commerciales afin qu’elles puissent se refinancer à des taux favorables pour encourager l’octroi de crédits